 |
Une île mystérieuse, gardée
par les célèbres Cabanes Tchanquées |
|
Au milieu du Bassin d'Arcachon, émerge
l'île aux oiseaux, repérable
à ses deux cabanes tchanquées.
Ces deux maisons appartiennent aux domaines
maritimes mais sont occupé par des
particuliers par le biais d'un bail de 99
ans. Anciennement île de la Teste,
elle appartient à l'état depuis
1820. Elle fut utilisée autrefois
pour le parcage des animaux déficients,
car son herbe est réputée
tonique. Le site de la Pointe aux Chevaux,
sur le littoral de la presqu'île du
Cap Ferret, était dénommé
ainsi car c'est le point le plus proche
de l'île que les animaux, attachés
à des barques passaient le détroit
à la nage. Mais à la suite
d'une tempête qui submergea l'île
en 1882 ce système fut abandonné.
Actuellement inhabité elle demeure
une halte pour les plaisanciers et surtout
les ostréiculteurs qui possèdent
des cabanes et des parcs à huîtres.
C'est un lieu calme étouffé
peu à peu par la végétation
: Ajonc, Bruyère et Chardon gagnent
du terrain et environnent les 50 cabanes
de pécheurs dépourvus de tout
confort. Un puit artésien creusé
en 1924, n'apporte qu'une seule production
d'eau douce. L'île aux Oiseaux est
le domaine des sternes, courlis et autres
chevaliers gambettes. L'homme s'y aventure
peu, se limitant à explorer l'anse
au pied des cabanes tchanquées. L'intérieur
est un univers sauvage, mi-terre, mi-eau,
semé de quelques bouquets de pins,
de massif de bruyère et de salicorne.
La marée basse découvre des
mares, flaquent et chenaux qui dessinent
dans les vasières un décor
chaque fois différent, paré
de délicats et mouvants tons pastels,
vert, mauve, bleu...
|
|
Visible depuis les rives du Bassin d'Arcachon,
l'île aux Oiseaux attire le regard et éveille
bien des curiosités. Vue de loin, elle semble
s'étirer longuement au milieu des flots,
et si la présence de rares bouquets d'arbres
et celle de quelques cabanes de pêcheurs lui
donnent un semblant de relief, elle reste un mystère
pour la plupart des observateurs. Pour autant, l'île
n'est pas inconnue de tous.
|
|
 |
| Des
ostréiculteurs tout d'abord,
dont les innombrables parcs à
huîtres dessinent une large
ceinture autour d'elle. Des plaisanciers
ensuite, pour lesquels la destination
reste incontournable, et dont
les embarcations se pressent et
se regroupent le plus souvent
aux pieds des célèbres
Cabanes Tchanquées. Des
oiseaux enfin, qui s'y rassemblent
par colonies, et qui ont ainsi
fini par lier leur nom à
l'île. Mais pour le plus
grand nombre, elle reste un territoire
secret et inaccessible, une bande
de terre que l'on ne peut aborder
qu'au travers de photographies,
de livres ou de chansons. |
|
|
Peu
à peu, l'île devint
un territoire de chasse et de
pêche très prisé.
On y aménagea des "tonnes"
(cabanes de chasses), des étangs,
ainsi qu'un puits d'eau douce.
L'édification il y a plus
de cent an de la première
cabane tchanquée et l'implantation
massive de parcs ostréicoles
consacrèrent ces nouvelles
vocations qui perdurent encore
aujourd'hui, même si pêche
et chasse y sont maintenant très
strictement réglementées. |
|
| |
|
| Mystérieuse
pour beaucoup de visiteurs, l'île
aux Oiseaux l'est aussi pour les
géologues et les géographes.
Selon la thèse la plus
répandue, elle serait un
ancien banc de sable, ou bien
les restes d'une haute dune forgée
par le vent et les courants marins
dont la base se serait peu à
peu fixée sur son emplacement
actuel. Sa cartographie exacte
reste également sujette
à discussion ; mais il
est vrai que le jeux constant
des marées qui la recouvrent
en partie deux fois par jour ne
facilite pas les choses. En moyenne
donc, l'île aux oiseaux
accuse un périmètre
d'environ 300 hectares lorsque
la mer est haute, et de plus de
1000 lorsque l'eau se retire. |
|
|
Explorée
depuis des temps très anciens
par les habitants du Bassin, l'île
servait autrefois de lieu de pacage
pour les troupeaux de vaches puis
de chevaux. A marée basse,
ces derniers rejoignaient l'île
"à la nage" depuis
les villages les plus proches
- Claouey ou Petit Piquey - ce
que rappelle le très beau
site de la "Pointe aux chevaux".
Pendant un temps, une agriculture
embryonnaire tenta même
de s'y développer. |
|
| |
|
| Silhouettes
étonnantes à l'horizon,
comme des sentinelles postées
aux abords de l'île aux
Oiseaux, les cabanes tchanquées
furent à l'origine élevées
afin d'abriter des gardiens chargés
de surveiller les parcs à
huîtres. Perchées
comme des bergers landais sur
des échasses (tchanque
en gascon), elles leur permettaient
d'avoir une vue imprenable sur
le Bassin d'Arcachon, dont elles
sont devenues le symbole. La première
cabane fut édifiée
en 1883. rongée par les
parasites et le sel, elle fut
détruite en 1943. Les 2
cabanes en bois actuelles datent
de l'après-guerre. |
|
|
Le
tourisme finit naturellement,
lui aussi, par gagner les rives
de l'île aux Oiseaux. Les
premières excursions régulières
en bateaux depuis Arcachon datent
du début du XXème
siècle. Elles n'ont fait
depuis lors que se multiplier.
Sans compter l'afflux sans cesse
croissant des plaisanciers, surtout
lors de la période estivale,
qui donne parfois des allures
de périphérique
parisien au chenal d'accès
de cette petite terre promise.
. |
|
|
|
|
|
|